Qui suis-je ?

Attention matériau vivant, en chantier, en perpétuelle évolution qui nécessitera une constante remise à jour.

Je suis une personne lambda qui, au fil de sa vie, a rassemblé autour d'elle tout un tas de preuves qui viendraient la conforter dans l'illusion d'être une bonne personne..la bonne personne!

 

J'ai ainsi fait la collection de belles images comme :

  • plein de diplômes : "elle est intelligente"

  • plein d'amis : "elle est géniale"

  • plein de casquettes professionnelles : "elle sait tout faire"

  • une famille unie : "elle est aimante et aimable"

J'ai construit un personnage destiné à rassurer l'autre (moi?) en  lui offrant un espace bienveillant, accueillant et tolérant.

Ce personnage correspondait en tous points au parent idéal que j'aurai souhaité avoir lorsque j'étais enfant... rassembler en moi le père rassurant, solide et protecteur et la mère bienveillante, aimante compréhensive et réconfortante; voici donc la proposition que je faisais "au monde" : je peux être ton parent et tu peux compter sur moi (une vraie machine à faire, une sorte de Géo Trouvetou, la solutionneuse-en-chef). 

Avez-vous déjà eu la sensation d'être sorti de votre chemin, de ne plus être aligné avec vos intentions, de ne plus reconnaître votre image ni vos valeurs? Au fil du temps, j'ai collectionné un tas de savoir-faire, une boite à outil ressemblant à  une "malle au trésor" ou au sac de Mary Poppins et je me suis transformée en une sorte de "fabrique-à-bien-être-pour l'autre"..

Et bien devinez quoi?

je me suis effondrée!

A force de vouloir prouver que je pouvais soutenir celui ou celle qui se présentait devant moi, je me suis retrouvée sans force. 

Celle dont les valeurs étaient l'altruisme, la générosité, la fraternité et la solidarité a dû pour un temps abandonner ses activités, sa famille et ses amis.. celle qui souhaitait inclure tout un chacun dans son univers a dû s'extraire de l'ensemble, s'isoler du groupe pour arrêter cette course folle qui consiste à s'occuper de l'autre alors qu'on est soi-même au sol.

Durant cette période solitaire, j'ai appris à écouter mes silences, tout ce qui n'avait pas été prononcé et qui attendait sagement en moi l'heure de leur expression.

Cette reconnexion à soi est passée par la reconnexion à la nature et notamment aux arbres qui m'ont accompagné durant ce processus d'élévation.

J'ai appris à devenir mon "meilleur parent" (ou ma "meilleure amie" ) en me lovant dans cet espace douillet qui m'assure que je suis aimée quoique je fasse..quitte même à ne rien faire. J'ai cessé de reproduire mes automatismes relationnelles qui étaient basés sur la dépendance et  la sympathie qui m'amenaient à me mettre à la place de l'autre. En quittant la place de l'autre, je reprends naturellement la mienne, chacun pouvant ainsi emprunter son chemin sans avoir à y jouer "des coudes" pour avancer. 

En me reconnectant à la nature je me suis souvenue que je suis issue :

  • du minéral (mes pierres personnelles identifiées par mon thème de cristal me donnent des points de repères  et me permettent de me situer); il s'agit de mes racines et de mon ancrage qui constituent ma base une sorte de point de départ à toutes mes actions  -  Corps Physique

  • du végétal (mes huiles énergétiques agissent ici ou là dans ma structure et transforment ainsi mon voyage en le rendant léger, doux et amusant) ; il s'agit ici de mes interactions avec le monde, c'est l'ensemble de mes relations - Corps Émotionnel

  • et de l'animal (mon enfant intérieur a cru que sa seule possibilité d'élévation était le rêve et l'imaginaire car dans la réalité il était dépendant de ses parents et de son environnement) ; - Corps Mental

En me reconnectant à cette source minérale, végétale et animale, je me suis souvenue que j'avais des projets en venant, celui de m'élever au rang d'humain. Mes capacités et ressources autonomes se réveillent peu à peu.

Mon corps m'indique par ses ressentis  ce que ma raison ne sait expliquer; il est un fidèle ami qui, par ses contractions et/ou expansions, me  donne le chemin à suivre; il est devenu ma boussole, il oriente et détermine mes choix et décisions.

La nature me permet de rétablir une connexion verticale (terre/ciel); je m'étais habituée à être absorbée par ma volonté de comprendre l'humanité cherchant désespérément à m'y faire une place (la reconnaissance était devenue le centre de mes préoccupations). Ma connexion au monde était donc essentiellement horizontale et pouvait ressembler à un ensemble de fils me reliant aux autres et assurant un équilibre précaire car l'autre y participait activement. Mon action ressemblait plus à une réaction dans ce type de relations.

Dans cette reconnexion verticale, j'ai réalisé que je pouvais changer de temps dans ma conjugaison relationnelle (oui je sais la formulation est un peu bizarre!)..

En fait c'est assez simple je m'étais habituée à servir l'ensemble depuis que j'étais enfant en adoptant  ce système de survie qui consiste à se mettre à la disposition d'autrui pour gagner sa protection. 

Dans cette posture, la conjugaison se cantonne au "Vous" (à votre service m'sieur dame!) et le  "Nous" tant espéré,  cet espace ou l'autre et moi-même fraternisons reste au stade du fantasme. 

Sans cette étape de construction du "Je", c'est totalement illusoire de participer à des "jeux relationnels"  ayant d'autres issues que la roue "victime-bourreau-sauveur". Au cours de cette construction identitaire, il y a ce passage délicat où il devient nécessaire de poser une frontière (une limite) entre l'autre et moi-même. Un équilibre  à expérimenter et à renouveler entre le besoin de me différencier et celui de me conformer. Un des défis pour m' épanouir est d'oser braver la connotation égoïste ou narcissique et de sortir du besoin d'être utile (rôle et fonction). Sur ce terrain de Je/Jeu, l'enjeu est d'apprendre à fraterniser avec soi-même. Un des obstacles à franchir est de prendre mes responsabilité et de les assumer... sortir du bois, sortir de l'ombre.

Je me rappelle qu'enfant j'adorais regarder le foot ou le rugby car ça me donnait l'espoir qu'on continue de jouer une fois grand. Après mon effondrement cet engouement m'a totalement quitté et j'ai cessé progressivement de participer à des jeux, passant le plus clair de mon temps sur la touche, à bouder. A présent je peux me réjouir de revenir dans le jeu  car je n'ai plus peur de faire bouger les lignes en y participant activement. En m'engageant dans le jeu je participe à l'évolution des règles, ça les rend vivantes (au moins à mes yeux). Le sens reprend corps et  le "je/jeu" s'amuse.