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L'huile d'Aubépine: suivez le guide ou l'art d'apprendre à s'orienter

Dernière mise à jour : 18 juil.

Choisir une voie, une direction…

Depuis l'enfance, j'ai toujours été très inconfortable avec les choix qui restreignent mon horizon. Mon besoin de liberté m'a toujours amené vers des choix me donnant l'illusion de garder toutes les portes ouvertes…

Lorsqu'on me demandait qu'elles étaient mes préférences en musique, lecture, loisirs, je restais évasive car je ne supportais pas qu'on me colle des étiquettes…

Être qualifiée, décrite, comprise par l'autre me donnait la sensation d'être enfermée…

J'ai choisi des études de généralistes, celles qui pouvaient m'offrir un maximum de débouchées puis lorsque cet objectif a été atteint, j'ai décidé de multiplier les expériences comme pour me prouver que je pouvais me réinventer en permanence.

Longtemps claustrophobe, instable, incapable de m'engager sur le long terme, je me suis interrogée sur ce qui m'empêchait de m'établir, de me fixer, d'approfondir…

J'ai développé quelques phobies, ça a commencé par les tunnels en voiture; cet enfermement dans une voie toute tracée m'était insupportable; s'en est suivi d'autres phobies comme celle d'être en couple. Ce besoin viscéral de liberté a poursuivi son œuvre et s'est installé peu à peu en une vraie phobie sociale. Entretenir des relations crée tout un tas d'attaches et d'entraves à ma liberté d'expression…

et puis j'ai réalisé que c'était justement ma peur de l'enfermement, ce besoin d'être totalement libre qui constituait ma prison personnelle; quelle que soit la direction empruntée, si je conserve l'idée qu'elle va me priver de quelque chose, c'est en effet ce qu'il va se produire…

En inversant le processus et en prenant conscience que chaque détour, chaque volute, chaque "boucle" n'est en fait qu'une étape qui s'ajoute à un ensemble; je cesse ainsi de vivre l'expérience comme quelque chose qui viendrait m'entamer, m'enlever une partie de moi-même, réduire mon horizon et mes débouchées…

En ne me déterminant pas, en laissant tout ouvert et en ne choisissant rien de précis qui me fixerait, je deviens insaisissable; est-ce cela qui m'empêche de pénétrer le concret, le solide? et si la vie n'était qu'une expérience visant à oser pleinement la matière, la saisir, la toucher?

Par peur de ne pas être conforme, de ne pas convenir, j'ai choisi d'être évanescente, changeante, comme un caméléon qui prend les couleurs de son environnement , pour ne pas dénoter, pour ne pas être remarqué…

La peur d'être rejetée, de déplaire m'empêchait de me déterminer, d'assumer mes choix; pour ne pas être jugée, critiquée, chaque décision était un défi de taille car elle était le résultat d'un présupposé consensus…

Oser se démarquer, se montrer dans sa singularité demande beaucoup de courage et de dépassement…

N'est-il pas fabuleux ce moment où se choisir fait tomber toutes les entraves, les empêchements, les enfermements?

Assumer ce que je suis, me supporter… devenir mon meilleur supporter, ne pas chercher la validation en dehors de moi…








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